M comme Mémé Mathilde

Ma chère Mémé Mathilde,
thivat-mathilde2J’ai fait des recherches sur toi, même si tu n’aurais certainement pas aimé cela… Tu n’aurais pas aimé voir ma lettre publiée ici sur Internet, avec ta photo, en plus. Mais tu es pourtant très belle !
Oui, j’ai fait des recherches sur toi, comme sur tous mes ancêtres, et je n’ai, bien sûr, pas fini ! Mais j’ai retracé ton histoire.
On t’a toujours appelé Mathilde alors qu’à l’état-civil tu t’appelais Anne-Marthe. Grâce aux recensements, j’ai su que tes parents t’avaient appelée ainsi dès ta naissance.
Toi, mon arrière-grand-mère, tu n’as pas connu ton père, mort quand tu avais un an. Toi, et tes quatre frères et sœurs, que ta mère n’a pas pu élever seule, tu as grandi chez une cousine. C’est ce que disais Papi. J’ai retrouvé le lien précis qui t’unissait avec cette cousine. Je t’aurais bien raconté lequel.

Tu as donc grandi sans ton père, et sans ta mère que tu n’as que très peu revue après ton mariage (je cherche toujours à trouver où et quand elle est morte, mais le savais-tu toi-même ?). Tu es partie très jeune « à la ville » pour travailler comme femme de chambre dans un château. Si je ne me trompe pas, c’est là que tu as rencontré Pépé Henri. Tu l’as épousé à 17 ans, puis il est parti à la guerre, alors tu l’as remplacé comme factrice pendant toutes ses années de guerre. A son retour vous avez eu Papi, et son frère. Et puis bien des années plus tard me voilà !

mars 79Là, je suis vraiment toute jeune, seulement à peine quelques mois. Je sais que tu es heureuse de me tenir dans tes bras, même si six jours après ma naissance, ton Henri est parti… Triste coïncidence de la vie et de la roue qui tourne. Sur cette photo, tu as déjà quatre-vingt-trois ans, alors que je n’ai que quelques mois… Tu vivras encore pendant une quinzaine d’années, c’est comme ça que j’aurais la chance de te côtoyer assez longtemps pour garder des souvenirs de toi.

De toi, je me rappelle:

  • une vieille dame qui rigolait sous cape derrière son grand mouchoir en tissu, pour ne pas qu’on la voit rire aux larmes.
  • des pièces, que tu donnais à tes arrières-petits-enfants, et que tu rangeais dans des tubes d’aspirine, en confondant parfois 1 franc avec 10 francs ce qui pouvait poser quelques problèmes de jalousie entre enfants…
  • tes bonbons magnificat, que tu nous proposais toujours dans une grand boîte en fer. Miam qu’ils étaient bons !
  • un vieux jeu de petits chevaux en bois
  • un petit fauteuil d’angle en bois tourné, collé contre ton grand vaisselier dans la salle à manger
  • des bisous sur ta joue ridée et marquée d’une tâche rouge qui me faisait peur et que tu tentais de dissimuler sous ton maquillage…
  • tes beaux cheveux gris immensément longs, bien attachés en chignon derrière ta tête,
  • et aussi beaucoup de souvenirs racontés par la famille.

Tu vois, je suis sûre que c’est parce que je t’ai connue, que j’ai eu envie de m’intéresser à l’histoire de notre famille, et à celle de mon compagnon, que tu n’as pas connu, mais que tu aurais beaucoup aimé, je le sais.

J’ai aussi retrouvé la maman de Pépé Henri, tu sais. Même s’il a été abandonné à sa naissance, je l’ai retrouvée. Et peut-être que Pépé Henri aurait aimé connaître sa propre histoire, et qu’il aurait trouvé intéressant d’apprendre que je vis aujourd’hui dans la commune dans laquelle sa mère a vécu la plus longue partie de sa vie…

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