E comme enfants assistés

Je ne pouvais pas ne pas m’attarder sur les enfants assistés de mon arbre. En ascendance directe de mon côté il y a: mon arrière-grand-père maternel et mon arrière-arrière-grand père maternel (ainsi que sa sœur). Il y a aussi le premier mari de ma grand-mère maternelle (qui n’est donc pas mon ascendant direct).

Du côté de mon conjoint, un seul enfant assisté, ancêtre à la 6ème génération de ma fille.

Pour moi, ce sont, je pense les personnes avec lesquelles j’ai passé le plus de temps et auxquelles je m’attache le plus. Ce sont aussi ces enfants abandonnés qui m’ont fait découvrir des régions dans lesquelles je n’avais pas d’ancêtres, puisque tous nés à Paris de mères célibataires, toutes n’ayant pas assez d’argent pour les élever. Venues de province sans le sou, ménagères, lingères ou couturières, elles ont tenté de gagner leur vie en venant à la capitale.

Je vais vous présenter chacun de ces enfants abandonnés pour leur rendre hommage, eux qui ont débuté leur vie sans leurs parents et qui se sont battus pour continuer à vivre sans eux, sans savoir pourquoi ils ont été abandonnés. J’aimerais tellement pouvoir les rencontrer un petit moment et discuter avec eux, leur parler de leur mère dont j’ai retrouvé la trace, pour qu’ils sachent d’où ils viennent !

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Henri O., mon arrière-grand-père

Voici tout d’abord mon arrière-grand-père Henri O.. Décédé 3 jours après ma naissance, on a juste eu le temps de lui annoncer que j’étais née qu’il partait. J’aurais vraiment aimé le connaître. mais grâce à ma famille, j’ai l’impression d’avoir vécu avec lui. Je l’imagine réellement en voyant les photos et en écoutant ma famille me parler de lui. J’ai longtemps connu sa femme, mon arrière-grand-mère qui a vécu jusqu’à 96 ans. Je l’ai donc bien connue et je l’aimais énormément. Mon pépé Henri, est donc né en 1889 à Paris de père non dénommé. Sa mère a demandé à ne pas avoir de nouvelles de son fils par la suite. Elle a eu plusieurs enfants dont une petite fille, Louise Léonie qu’elle a aussi abandonnée.

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extrait du dossier d’abandon d’Henri O.

Cette pauvre petite fille mourra à l’âge de 3 ans chez sa nourrice en se brûlant avec le poêle de la maison. Une mort atroce. Et c’est malheureusement en découvrant son dossier que j’ai pu faire le lien pour retrouver la trace de sa mère Léonie Emilienne. J’apprendrai par la suite qu’elle s’est mariée quelques années plus tard et qu’elle a eu deux filles pendant son mariage. Je découvrirai, coïncidence étonnante, qu’elle finira sa vie dans le Val-de-Marne dans la commune que j’habite actuellement et qu’elle aura vécu pendant plus de 30 ans à quelques rues de là où je réside. D’après mes recherches aucune de ses filles n’a eu de descendance donc pas de cousins de ce coté-ci. Mon grand-père sera donc placé à sa naissance dans l’Allier. Il deviendra facteur et rencontrera mon arrière-grand-mère avec qui ils auront 2 enfants.

Mon arrière-arrière-grand-père Paul-Emile Nickel. a eu une vie hallucinante ! C’est le grand-père de ma grand-mère maternelle, avec qui je parle beaucoup de généalogie et qui a une telle mémoire qu’elle connaît énormément de choses sur sa famille et celle de son mari. Une mine d’or ! Son grand-père donc, est né en 1874 à Paris, de père non dénommé. Abandonné par sa mère, il a été envoyé très rapidement dans l’Allier, placé dans une famille. Il a rencontré sa femme Marie et l’a épousée à 26 ans en 1900 (NICKEL épouse MACHEFER ça ne s’invente pas !) .

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Henri OSMONT, mon arrière-grand-père

Il aura d’abord 2 filles (dont mon arrière-grand-mère) puis un garçon qui mourra à 10 mois en août 1910. Deux mois plus tard sa femme enceinte de 2 jumeaux les perdra avant le terme. J’ai retrouvé la trace de leur décès, mais il n’y a même pas eu d’acte de naissance rédigé, c’est terrible !

4 ans plus tard, la guerre commence. Appelé à la mobilisation générale le 27 août 1914, à 40 ans, il part dans les tranchées. 4 mois plus tard, il est tué à Berthonval, le 27 décembre 1914, laissant derrière lui sa femme et ses deux filles âgées de 7 et 13 ans. Ma grand-mère avait entendu parler de jumeaux mais n’avait jamais rien su de précis, tout comme sa mort. Elle n’a jamais su quand il était mort. Pourquoi ? Elle ne sait pas, peut-être à cause de son nom mal orthographié. En tous cas sa mère et sa grand-mère n’en parlaient pas. Il était inscrit sous le nom de NIKEL (sans le C) sur le monument aux morts où elle est passée devant tous les jours pendant des années (elle habitait à moins de 100 mètres du monument), elle ne l’a jamais vu ! Grâce à mes recherches en mairie, j’ai trouvé son acte de décès, lui ai appris où et quand il était mort et j’ai trouvé la trace des jumeaux et surtout d’un petit garçon, dont elle n’avait même jamais su l’existence.

Le premier époux de ma grand-mère paternelle, Georges R. est né en 1905 à Paris. J’ai récupéré son dossier d’abandon et je découvre que la mère n’a pas voulu laisser son identité, ni celui du père, donc impossible pour moi de remonter cette branche.

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extrait du dossier d’abandon de Georges R.

Placé dans l’Allier, il épouse ma grand-mère à 25 ans avec qui il aura une petite fille quelques mois plus tard. Malheureusement, cette dernière mourra à 11 ans d’une septicémie. On est alors en 1943, en pleine guerre. La France est occupée. Georges R., dragon démineur, est tué à la libération de la ville d’Yzeure en 1945 dans l’exposition de mines de l’atelier de chargement de la ville. Naissance tragique, mort tragique… Il laisse ma grand-mère veuve et sans enfant. Elle épousera mon grand-père l’année suivante pour que je puisse naître. Ouf ! C’est horrible de se dire qu’un destin aussi tragique a permis quelques années plus tard ma naissance !

Dernier enfant assisté, il s’agit de François Edouard Eugène Ardouin, ancêtre à la 6ème génération de ma fille. Je ne vous raconterai pas tout sur lui, enfin pas tout sur sa mère, car premièrement mes recherches ne sont pas finies, et deuxièmement vous en saurez plus quand je vous raconterai l’histoire de son frère. Un parcours hallucinant qui mérite que l’on s’y arrête dans un article complet. J’ai, pour vous dire, 52 photos de leur dossier d’abandon, il y a de la matière !

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extrait du dossier d’abandon de François Edouard ARDOUIN

François Edouard naît en 1866 à Paris d’une mère blanchisseuse et d’un père non dénommé. Il sera abandonné en 1871, alors qu’il a déjà 5 ans, car sa mère meurt. Il est placé en Bretagne à Hédé puis à Vignoc près de Rennes. En 1891 il épousera Rosalie Levacher avec qui il aura 3 enfants (et 2 morts-nés) dont le grand-père de ma belle-mère. Sa femme mourra à 32 ans. Il se remariera deux fois ensuite. Il semble s’être installé à Rennes. Je n’ai pas encore trouvé trace de sa mort. J’ai retrouvé la trace de sa mère, Elisabeth Alexandrine Ardouin qui serait originaire de Versailles. Je cherche encore son décès entre 1870 et 1871 mais elle me donne vraiment du fil à retordre. Je pense qu’elle aura droit, elle aussi, à un article entier, que je placerai dans mon répertoire de recherches non résolues !

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